BIOGRAPHIE
Pianiste • Auteur-compositeur-interprète • Artiste de scène • Arrangeur
Bachot Muna a grandi au Cameroun, près de la forêt, dans un monde où la musique n’avait pas besoin d’invitation.
Elle était partout — dans les rythmes de la vie quotidienne, dans les voix qui l’entouraient, dans les chansons que sa mère avait l’habitude de chanter.
Bachot a commencé à chanter avec elle dès l’âge de cinq ans.
La musique lui est venue naturellement.
Les instruments, en revanche, étaient une autre histoire.
Comme il n’en possédait aucun, il en fabriquait lui-même avec du bois et tout ce qu’il pouvait trouver. La guitare fut son premier véritable instrument.
Puis le clavier a captivé son oreille.

Encore à l’école, Bachot chantait déjà. Quelques années plus tard, il prit une décision :
la musique serait sa vie.
Il écrivit sa première chanson, « Esukud’am » — « Mes études », et forma avec des amis le groupe Man-Walk.
C’est à cette époque qu’il commença à jouer de l’orgue.
Accéder à un clavier représentait un autre défi.
Alors Bachot en dessina un sur une feuille de papier.
Il mémorisait les notes et les accords, apprenait les mélodies à l’oreille et répétait les mouvements de ses doigts sur les touches qu’il avait dessinées.
Lorsqu’il put enfin poser les mains sur un véritable instrument, il continua de la même manière.
Écouter. Essayer. Jouer. Apprendre.
Bachot apprit le piano en autodidacte.
Sans parcours académique
Seulement la curiosité, la détermination — et la musique.
À TRAVERS L’AFRIQUE
Puis la musique l’emmena au-delà du Cameroun.
Au Nigeria, Bachot dirigea un orchestre de 16 musiciens et se produisit avec le groupe au Sokoto Fishing Festival.
L’instabilité politique le contraignit à partir.
La route continua :
Bénin. Togo. Niger. Burkina Faso. Côte d’Ivoire.
De nouveaux pays. De nouveaux rythmes. De nouveaux musiciens. De nouveaux publics.
Des cultures différentes. Des langues différentes.
La musique devint le lien.
Music became the connection.
Et Bachot apprit à sentir son public.
Certains publics recherchent l’énergie. D’autres la mélodie. D’autres encore ont besoin d’espace.
Dans le même temps, son univers musical ne cessait de s’élargir.
Makossa. Mangambeu. Soul. Funk. Pop. Musique latine. Jazz
L’Afrique resta au cœur de sa musique.
Tout le reste pouvait alors trouver sa place.
La presse camerounaise allait plus tard relever ce même mélange — des rythmes africains rencontrant des sonorités et des influences venues d’ailleurs.
Bachot composait. Arrangeait. Produisait.
Puis il apprit également les techniques du son en autodidacte.
Pour jouer la musique.
La construire.
Et façonner le son.

AFRICA SA
En 1998, Bachot sort son quatrième album, Africa Sa — « Dance Africa ».
Parmi les titres figure « Loh Yonme », qui lui vaudra une importante reconnaissance dans son pays.
En 1999, cette chanson lui permet de remporter deux prix CRTV au Cameroun :
Meilleur chanteur.
Meilleur clip vidéo.
La presse camerounaise voit déjà au-delà du chanteur — et présente également Bachot comme pianiste, arrangeur et producteur.
BRUXELLES
Bachot s’était installé à Bruxelles en 1995.
Nouveau pays. Nouveaux publics. Nouvelles sonorités.
Mais l’Afrique voyageait avec lui.
Les rythmes africains rencontrèrent la soul. Le funk rencontra le jazz. Les couleurs latines vinrent enrichir le mélange.
Pas de frontières. Seulement la musique.
D’autres albums suivirent, parmi lesquels Ashikogo et Donne ton Dada.
Bachot s’impliquait désormais dans toutes les dimensions de la musique :
Écrire. Arranger. Produire. Enregistrer. Jouer. Promouvoir.
La presse camerounaise remarqua également cette indépendance — celle d’un artiste qui assumait non seulement la création de sa musique, mais aussi la responsabilité de la faire parvenir jusqu’à son public.
Les scènes aussi prenaient de l’ampleur.
Bachot s’est produit à plusieurs reprises aux Francofolies de Spa, en Belgique.
En 2003, il fut invité en France comme tête d’affiche du 10e anniversaire de L’Été sous les Charmes, à Dreux, au nord de Paris.
Et le jazz l’attirait toujours davantage.
Non pas comme une catégorie.
Comme une liberté.
JAZZ & DREAMS
En 2012, Bachot changea de décor.
Un pianiste. Un piano. De l’espace.
Jazz & Dreams.
Un album de piano solo.
Le jazz pour la liberté. Les rêves pour l’émotion et l’imaginaire.
Le piano pouvait respirer.
La mélodie aussi.
Et parfois, le silence suffisait.
Puis vint Montréal.
MONTRÉAL
En 2013, Bachot se produisit au Festival International de Jazz de Montréal, au Théâtre Maisonneuve, en première partie du légendaire pianiste cubain Chucho Valdés, sept fois lauréat d’un GRAMMY Award.
Valdés était curieux.
Pendant le concert de Bachot, il quitta sa loge et vint écouter depuis les coulisses. Lorsque Bachot quitta la scène, Chucho Valdés l’attendait.
« J’ai écouté ton concert. C’était impressionnant. Bravo ! », dit-il à Bachot.
Et la presse, elle aussi, était à l’écoute.
Le journaliste et musicien de jazz canadien Richard Thérien, écrivant à propos de Jazz & Dreams à l’occasion du festival, situa Bachot entre Mal Waldron et les univers africains de Tchangodei et Abdullah Ibrahim.
Puis il entra au cœur de la musique.
Sur « Groovy Blues », c’est la « ligne de basse hypnotique » qui retint l’attention de Thérien, lui rappelant le pianiste Mal Waldron.
Sur « I’m Gonna Rock Your Night », Thérien découvrit une autre facette du jeu de Bachot — stride, ragtime et boogie-woogie, le tout porté par ce qu’il décrivit comme un « style africain ».
Des couleurs différentes.
Un même piano. Une même voix.
Et à ceux qui venaient écouter Bachot à Montréal, Thérien donnait un conseil : ne pas arriver en retard — au risque de manquer l’une de ses découvertes du Festival 2013.
Son verdict :
« Un pianiste à découvrir. »
Dionizy Piątkowski, critique de jazz polonais et fondateur d’Era Jazzu, entendit lui aussi quelque chose de singulier dans Jazz & Dreams.
Il y entendit le feeling jazz, une improvisation expressive et le caractère africain qui traversent le jeu de Bachot.
Il mit notamment en avant « Globe Trotter Blues », « Madness Swing », « Groovy Blues » et « Zapping Swing ».
Puis apparut un rapprochement intéressant.
Piątkowski termina sa critique en faisant référence à Dollar Brand — Abdullah Ibrahim.
Richard Thérien avait lui aussi perçu ce rapprochement.
Des critiques différents. Des pays différents. Un même nom.

Back To The Roots
Après le piano solo, Bachot voulait retrouver une autre forme d’énergie.
Des musiciens. Du rythme. L’Afrique. Le Brésil. Le jazz. Le groove.
De cette idée naquit Back To The Roots.
Bachot savait qu’il voulait des percussions brésiliennes.
Son ami André Bontems, propriétaire de l’Avalon Studio à Bruxelles, lui montra une prestation de Zé Luis Nascimento.
Bachot regarda.
« C’est lui qu’il me faut. »
L’enregistrement commença au Bopcity Studio à Paris.
Bachot enregistra le piano et les voix. Nascimento apporta les percussions. Ray Dikoumé rejoignit les sessions.
Puis la musique voyagea :
Paris. Tallinn. Bruxelles. New York.
Au Green Room Studio de Tallinn, le bassiste Kaarel Liive, le guitariste Paul Daniel et le tromboniste Eduard Akulin rejoignirent le projet.
De retour à Bruxelles, Dunia Molina y ajouta sa voix.
À New York, Mike Makowsky assura le mixage et le mastering — avec à son actif des collaborations avec Amy Winehouse, Mariah Carey, Gorillaz, Usher, Maxwell, John Legend, Kanye West, Kid Cudi, Kelis et Nas, entre autres.
Des musiciens différents. Des villes différentes.
Un seul son.
Sorti en 2014, Back To The Roots réunit les grooves africains et brésiliens, le jazz et la soul.
Makowsky salua chez Bachot « la vibe et le groove » et le qualifia de « talent exceptionnel ».
Pendant le mixage, la musique commença enfin à sonner comme Bachot l’avait imaginée.
Bachot sourit.
Makowsky le regarda.
« J’ai l’impression d’être en studio avec Miles Davis », dit-il à Bachot.
Los Angeles
La musique continua de voyager.
En janvier 2016, « Samba Makossa » remporta à Los Angeles un Akademia Music Award dans la catégorie Meilleure chanson latine.
En 2017, une nouvelle distinction suivit :
« A Muto » — Meilleur titre Afro Soul.
Afrique. Groove latin. Soul. Jazz.
Des noms différents.
Un même univers musical.
À TRAVERS LE MONDE
Puis Bachot revint à l’essentiel.
Piano. Voix. Public.
En tant que pianiste solo, chanteur et artiste de scène, il se produisit à l’international, notamment à Hong Kong, Shenzhen, au Canada, en Allemagne, en Suisse et ailleurs.
Ses concerts et résidences l’ont notamment conduit au Hotel Métropole Brussels, Hotel Amigo Brussels, Brussels Casino, Brenners Park-Hotel & Spa in Baden-Baden, Hessischer Hof in Frankfurt, Breidenbacher Hof in Düsseldorf, Maritim Hotel Travemünde, Maritim Hotel Ulm and Hotel Eden Roc in Ascona.
Hôtels de luxe. Casinos. Festivals. Salles de concert.
Des pays différents. Des lieux différents. Des publics différents.
Aucune soirée ne se ressemble.
Bachot a appris à ressentir l’atmosphère du lieu — et à laisser la musique suivre son cours.
De la scène à l’écran
En 2021, nouveau décor.
Le cinéma.
Bachot a écrit « A Day’s Good Night » pour le film américain In Blackest Night Out.
Un autre écran.
Un même langage :
Musique. Émotion. Histoire.
Jazz & Dreams aujourd’hui
Aujourd’hui, Jazz & Dreams rassemble toute cette expérience autour du piano.
L’Afrique est toujours là.
Tout comme la soul, le blues, le jazz, le funk et les rythmes glanés au fil du chemin.
Jazz & Dreams réunit mélodie, improvisation, rythme et émotion.
Chaque performance se construit dans l’instant et avec le public.

Sa signature est simple :
Ressentir d’abord. Puis jouer.
Tout a commencé avec un enfant qui chantait aux côtés de sa mère au Cameroun.
Avec des instruments fabriqués en bois.
Avec un clavier dessiné sur du papier.
Le chemin l’a mené jusqu’au Festival International de Jazz de Montréal — et s’est poursuivi bien au-delà.
Aujourd’hui, Bachot revient toujours au piano avec la même curiosité :
Où la musique peut-elle nous emmener ce soir ?
JAZZ & DREAMS
Chaque public a son histoire.
Bachot Muna lui donne une bande-son.